PEPR eNSEMBLE · France 2030 · 2026–2030
Le projet
Équipes Homme–IA, agentivité intégrée et morale : philosophie et esthétique de la collaboration avec les machines
H-AI TEAM est un projet de recherche de quatre ans (septembre 2026 – août 2030) financé par l'Agence nationale de la recherche dans le cadre du programme France 2030, au sein du PEPR eNSEMBLE consacré à la collaboration numérique. Il associe l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST), l'Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR, Sorbonne Center for Artificial Intelligence) et le laboratoire THALIM (Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité).
Le problème
Les systèmes d’IA en cours de développement, et surtout ceux que l’on appelle désormais des agents, modifient en profondeur les environnements sociaux et épistémiques dans lesquels nous agissons. Ils ne se contentent pas de médiatiser nos informations : ils y participent. D’où une pression croissante à « collaborer » avec eux et à les intégrer, comme des agents autonomes, dans des équipes humaines. Or on sait encore peu de choses des effets de ces collaborations sur l’autonomie, l’agentivité et la créativité humaines.
Le projet pose trois questions :
- Quelle forme d’agentivité les systèmes d’IA manifestent-ils dans nos interactions avec eux ?
- Dans quelle mesure ces interactions affectent-elles notre propre agentivité ?
- Comment affectent-elles l’agentivité de l’équipe humaine dans laquelle elles s’insèrent ?
L’approche
Plutôt que de traiter la collaboration humain-IA comme une notion allant de soi, H-AI TEAM en construit une description articulée à partir de trois axes : l’agentivité (ce que peuvent les humains et les machines), la collaboration (comment se forme — ou se défait — une agentivité collective) et l’environnement (physique, numérique, hybride) dans lequel ces collaborations sont toujours intégrées. Cette attention à l’intégration environnementale, nourrie par la philosophie de la biologie et la notion d’étayage (scaffolding), distingue le projet des approches existantes.
Le travail se déploie en cinq axes : les fondements de l’agentivité (axe 1), l’action collective (axe 2), la dépendance excessive et l’autonomie humaine (axe 3), la collaboration créative dans les arts (axe 4) et les recommandations de conception et de gouvernance (axe 5). L’étude des pratiques artistiques assistées par l’IA — avec quatre artistes français qui ont développé des protocoles originaux de co-création — sert de cas d’école : elle met concrètement à l’épreuve les modèles philosophiques d’agentivité distribuée et en éclaire les enjeux sociaux et juridiques.
Ce que le projet produira
Des outils conceptuels pour catégoriser nos interactions, actions conjointes et travaux d’équipe avec les systèmes d’IA ; une analyse de la manière dont l’agentivité individuelle et collective est affectée par ces systèmes ; une typologie des formes de dépendance et des indicateurs pour les repérer ; une généalogie et une théorie de la co-agentivité dans la création ; enfin un livre blanc de recommandations de conception et de gouvernance destiné aux concepteurs comme aux régulateurs, en lien avec le cadre européen (AI Act, DSA).
Consortium
- IHPST (CNRS / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) — coordination
- ISIR, Sorbonne Center for Artificial Intelligence (CNRS / Sorbonne Université)
- THALIM (CNRS / Université Sorbonne Nouvelle / École normale supérieure)
Le projet s’inscrit dans la continuité de l’ANR CulturIA (2021-2025), consacrée à une histoire culturelle de l’intelligence artificielle, qui a notamment donné lieu à l’exposition Le monde selon l’IA au Jeu de Paume (2025).